RENCONTRE AVEC MARIE-ANNE BARBAT LAYANI - DIRECTRICE GÉNÉRALE DE LA FÉDÉRATION BANCAIRE FRANÇAISE

04 janvier 2018

L'Institut des actuaires a eu le plaisir d'interviewer Madame BARBAT LAYANI, Directrice Générale de la Fédération Bancaire Française :

« Lundi 19 novembre, nous apprenions que Paris venait de récupérer le siège de l'EBA (Autorité Bancaire Européenne) qui quittera Londres prochainement pour cause de Brexit.

Cette annonce a été saluée par l’ensemble du monde politique et de la finance. A cette occasion, vous avez déclaré : "C'est un très grand jour pour la Place de Paris. L'Autorité Bancaire Européenne à Paris est un choix logique compte tenu du leadership français dans l'industrie bancaire en Europe, et une belle reconnaissance des efforts collectifs de la Place de Paris et des pouvoirs publics."

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1- En quoi est-ce une bonne nouvelle pour la place financière française ?

Le choix de Paris est un signal très positif pour l'attractivité de la Place de Paris. C'est également le couronnement d'une mobilisation collective remarquable, pilotée par des pouvoirs publics qui ont pris toute la mesure de l'importance stratégique de l'industrie financière. Paris s’apprête à accueillir une institution importante, avec probablement un effet d’entraînement.

La Place de Paris confirme ainsi qu’elle est l’une des seules places financières d'Europe continentale à avoir un écosystème complet, dont les grands groupes bancaires sont le cœur : quatre des neuf plus grandes banques de la zone euro sont à Paris. Paris est la seule place qui réunit de grands clients, une gamme très diversifiée d'activités et des pôles d'expertises financières reconnus, notamment dans la finance verte, les financements structurés, la gestion d'actifs, la banque de financement et d'investissement, le capital investissement, la Fintech et les infrastructures de marché, et des régulateurs et superviseurs internationalement reconnus.

 

2- Pourriez-vous nous expliquer, en quelques mots, les missions de l’Autorité Bancaire Européenne et quelles sont les interactions entre la FBF et l’EBA ?

L’EBA a un rôle particulièrement important, dans son dialogue avec l’industrie. C’est un organisme de régulation, qui forge des normes d’application des directives et propose leur adoption à la Commission européenne. C’est elle qui, par exemple, a été consultée par la Commission européenne lors des discussions autour de DSP2 pour établir les standards techniques à mettre en place pour l’ouverture de l’accès aux comptes courants de clients par des Fintechs. Pour cela, elle a constitué une expertise et consulté l’ensemble des parties prenantes sur un sujet crucial, notamment en termes de cybersécurité. L’EBA arrête également la méthodologie des stress-tests bancaires…

 

 

3- Quels sont les impacts attendus du Brexit pour le système bancaire français ? 

Le Brexit, est un choc que nous ne souhaitions pas. C’est un bouleversement majeur pour l’Europe, mais aussi pour le financement de l’économie européenne. Mais c’est aussi une opportunité. L’Europe doit développer ses circuits de financement de manière autonome et souveraine, que ce soit pour les crédits ou pour les marchés de capitaux. Et les banques françaises sont les mieux placées pour être les championnes de cette nouvelle ambition économique et politique.

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