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23 septembre 2013

Interview de Chris Daykin, président du sous-comité Sécurité social du GCAE, membre d'honneur de l'I

Interview

« Les régimes à cotisations définies : un partenaire vital pour les systèmes de sécurité sociale »

l'actuariel : Quels sont les principaux critères qui déterminent l’évolution d’un régime à prestations définies ?

Les engagements d’un régime à prestations définies évoluent avec la rémunération et l’ancienneté des salariés. Leur coût final va dépendre de différents facteurs démographiques tels que la mortalité, la proportion de personnes mariées incluses dans le régime ou la différence d’âge entre des époux ayant droit à des prestations en cas de décès de l’un des conjoints. Des données économiques (inflation, hausse des salaires) et comportementales (conversion ou non d’une partie de sa pension de retraite en capital au moment de l’arrêt de l’activité) doivent également être prises en compte. Les actifs dépendent quant à eux des retours sur investissement, à la fois en termes de revenus de placement et d’évolution de valeur. Ils sont aussi fonction des cotisations des employeurs et des employés. Avec un régime à prestations définies, les engagements sont traditionnellement liés directement aux actifs. Il est donc peu probable qu’ils divergent.

l'actuariel : Comment modélisez-vous cela ?

En principe, tous les éléments influant sur les engagements peuvent être modélisés. En partant d’un modèle multi-États, les prestations payables annuellement pour chaque cause de sortie (décès, retraite, problèmes de santé, etc.) peuvent être modélisées avec des projections d’inflation des salaires et d’accumulation des prestations. Ceux qui perçoivent les prestations sont modélisés par le biais de tables de mortalité à simple extinction. Les dépenses potentielles peuvent ainsi être calculées et, si on le souhaite, être présentées comme une estimation des flux de trésorerie. Normalement, les flux de trésorerie seront exclus afin d’estimer la valeur du régime à une date choisie. Le taux d’actualisation (qui permet d’ajuster les versements réclamés aux cotisants en fonction de l’objectif de prestations, ndlr) sera déterminé par les rendements de marché des obligations publiques. Il est normal de prévoir une marge à ces rendements (entre 0,5 % et 1,5 % par an) en fonction des performances des revenus de placement complémentaires, ajustés au risque. Ces revenus additionnels ne doivent toutefois pas être contrebalancés par les risques inhérents aux investissements qui en sont à l’origine. La valeur des engagements accumulés est ensuite comparée à la valeur de marché des actifs du régime. Toute insuffisance d’actifs doit être réglée par des mesures de comblement de déficit, qui peuvent être mises en place pour plusieurs années, normalement pas plus de quinze.

l'actuariel : Dans les pays occidentaux, pensez-vous que les fonds de pension sont une solution au problème que constitue le vieillissement de la population ?

Les fonds de pension sont une partie essentielle de la solution à ce problème. Il s’agit de diversifier l’origine des prestations entre public et privé. Investir les cotisations est plus bénéfique pour l’économie qu’un régime de retraites par répartition. Les fonds de pension encouragent également à épargner davantage et incitent à partir à la retraite plus tard. Il semble peu probable que les régimes à prestations définies jouent un rôle central à l’avenir dans beaucoup de pays, mais les régimes à cotisations définies devraient être perçus comme un partenaire vital pour les systèmes de sécurité sociale dans le financement des retraites.

Propos recueillis par Catherine Graciet Traduit par Vadim Grivot

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