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15 mars 2017

La mort, un mystère complet

Encadré

La mort n’est pas seulement un mystère pour l’« après », c’est aussi un mystère avant ! D’un point de vue scientifique en effet, le vieillissement et la mort restent des énigmes. Personne ne peut en démontrer les fondements métaboliques. Pour les expliquer, il n’y a que des… théories. Et il y en a des dizaines. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que le vieillissement comme la mort ne sont pas génétiquement programmés et que seul notre développement pour atteindre l’âge de la reproduction est inscrit dans notre ADN.

La « mission » reproductive déterminante

Ensuite ? Selon Jay Olshansky, « le vieillissement est en quelque sorte le produit dérivé et imprévu d’horloges biologiques qui existent pour d’autres buts ». Que se passe-t-il une fois ces horloges arrêtées ? D’autres gènes prendraient le relais sans aucun déterminisme, des gènes néfastes que l’évolution n’a simplement pas contre-sélectionnés, car peu importe ce qui se passe une fois notre « mission » reproductive accomplie. « Ces gènes ont donc commencé à s’exprimer chez ceux qui survivaient à l’effroyable mortalité infantile du passé et vivaient en moyenne de 55 à 65 ans (quand l’espérance de vie à la naissance n’était que de 25 à 30 ans). Aujourd’hui, ils s’expriment chez pratiquement tout le monde dans les pays où la mortalité infantile a quasiment disparu », explique Éric Le Bourg. « On aurait ainsi accumulé ces gènes nocifs uniquement à un âge avancé. C’est la théorie la plus partagée pour expliquer l’énigme du vieillissement, puisque la sélection naturelle ne retient “ normalement ” que les caractères favorables à la survie de l’espèce », poursuit-il. Théorie complémentaire : certains gènes sont pléiotropes, c’est-à-dire qu’ils ont plusieurs rôles. Bons au début, puis néfastes en deuxième partie de vie. Dernière théorie enfin : il serait préférable pour un individu de consacrer son énergie à la reproduction plutôt que de maintenir son organisme en bon état, puisque cet organisme devra de toute façon disparaître une fois la reproduction assurée. C’est ce qui se passe de façon extrême pour les saumons, qui meurent dans les jours qui suivent l’accouplement.

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