Mémoire d'actuariat

Best Estimates(s) : qui se réservera la meilleure estimation ?
Auteur(s) ROBERT Simon
Société Deloitte Conseil
Année 2017

Résumé
De prudent, le provisionnement des sinistres à payer est devenu Best Estimate avec la réglementation Solvabilité 2, se devant de fournir la meilleure estimation du coût qu’auront les sinistres encore en développement, connus ou inconnus de l’assureur. Malgré l’essor de l’utilisation de nombreuses nouvelles techniques, les méthodes déterministes les plus classiques, Chain Ladder et Bornhuetter-Ferguson, demeurent très largement les plus plébiscitées à travers le monde. Par ailleurs, le choix de ces méthodes, la construction des données pour les utiliser ou la détermination des hypothèses sous-jacentes à ces dernières relèvent souvent du choix de l’actuaire désigné alors par le terme jugement d’expert. La place prépondérante qu’il occupe peut expliquer les différences entre les Best Estimate de deux actuaires obtenus à partir des mêmes données. L’assurance d’un jugement d’expert de qualité est donc primordiale afin de garantir celle de l’estimation elle-même. Néanmoins, l’actuaire peut être en proie aux biais cognitifs qui peuvent mettre à mal la pertinence de son jugement. Biais d’ancrage, de statu quo ou de représentativité sont autant de menaces à la garantie d’avoir le meilleur jugement et donc la meilleure estimation. Il convient donc de chercher à identifier ces biais et en mesurer l’impact en mettant l’actuaire face à ces derniers dans les conditions réelles du provisionnement. Une étude statistique mettant en oeuvre des cas pratiques de provisionnement et remis à un panel d’actuaires y concourera. Ses résultats permettront de vérifier si effet de ces biais il y a, et de le quantifier en termes d’impact sur le Best Estimate des réserves. Elle sera aussi utile pour identifier des moyens de limiter l’influence de ces biais pour que l’actuaire soit à même de se réserver le meilleur Best Estimate.

Abstract
Outstanding claims reserves have become Best Estimate with the Solvency 2 directive whereas they used to be appropriate. These reserves should now be equal to the best estimate of the cost of the claims not yet settled and not yet reported. Even if new reserving methods have flourished recently, the most classic ones, Chain Ladder and Bornhuetter Ferguson, remain by far the most popular methods in the actuarial world. Moreover the choice of reserving methods, data construction or the determination of the underlying hypothesis of these methods are often in the hands of the actuary and their judgment, usually called expert judgment. The leading role that judgment plays can explain why two actuaries with the same data could obtain two different Best Estimates. The assurance of a high quality judgment expert judgment is therefore necessary in order to ensure the quality of the estimate itself. However the actuary may suffer from the effect of cognitive biases which could damage the quality of their judgment. Anchoring, status quo or representativeness biases are some of the many threats to providing the best judgment and with it the best estimate. As a result it is necessary to identify these biases and to measure their effect by making the actuary face them in the real conditions of reserving. A statistical study made of mock reserving cases and delivered to a group of actuaries will be used to fulfill this objective. The results will allow to state if these biases truly have an influence and to quantify them in order to ensure that any actuary can provide the best Best Estimate.

Mémoire complet