Mémoire d'actuariat

Réflexion sur l\'équité intergénérationelle en matière de retraite
Auteur(s) MONTESINOS Pierre
Société SPAC Actuaires
Année 2018

Résumé
Protecteur, obligatoire et solidaire. Trois mots qui ont été les fondations dans la constitution tumultueuse d’un acquis d’aujourd’hui, d’un combat d’hier : le système de retraite français. Puisque les différents régimes sont créés dans le but de protéger les travailleurs, l’adhésion y devient rapidement obligatoire. Instaurant dès l’origine une solidarité entre les générations, la retraite française est aujourd’hui confrontée aux multiples mutations du pays. Plusieurs mesures ont été prises pour éviter une dérive irrémédiable des régimes, prenant la forme de réformes paramétriques. Parallèlement, des travaux sur la gestion des régimes, le \"pilotage\", émergent peu à peu pour aboutir à une méthodologie s’apparentant au calcul d’une myriade d’indicateurs, pour la plupart financiers. Néanmoins, les défis de la retraite résident, du moins pour les pays développés, dans l’amélioration des conditions de vie, dans la baisse de la mortalité, et dans le gain d’espérance de vie. Autrement dit, le pilotage doit prendre en compte ces évolutions démographiques dans leur ensemble, en alliant de manière habile la gestion de la santé du régime dans sa globalité et la dimension sociale individuelle. Dès lors, un nouvel argument apparaît : l’équité intergénérationnelle. Elle est mesurée à l’aide d’un critère, défini comme le taux de récupération. Complet dans sa construction, permettant de couvrir à la fois les évolutions paramétriques des régimes et les évolutions démographiques des populations, il ramène la gestion du régime à l’échelle individuelle. De ce fait, la problématique de la mortalité est au cœur de la mise en œuvre de ce nouvel indicateur. Facilement interprétable, le critère conduit à une question primordiale dans la direction que prend la retraite d’aujourd’hui : les trois mots, en somme devise de la retraite lors de sa création, sont-ils toujours d’actualité ?

Abstract
Protective, obligatory and solidary. These three words have been the bedrock in the tumultuous constitution of an asset, won through years of struggle: the mandatory public French retirement system. Since different schemes are created to protect workers, the membership rapidly becomes obligatory. An intergenerational solidarity is established since the creation of the mandatory French retirement system, and today, the system has to face multiple changes of the country. Several measures have been taken over time to avoid an irremediable drift of the schemes, through parametric reforms. In the meantime, works on pension scheme management, so called “steering”, have gradually emerged to achieve in a methodology which imposes to calculate various indicators, where most of them are financial ones. Nevertheless, the challenges of retirement systems lie, at least in developed countries, in the improvement of living conditions, in the decline of the mortality, and in the gain in life expectancy. In other words, pension steering has to take into account these demographic changes globally, combining both financial and individual social scales of the scheme. Henceforth, a fresh new argument appears: intergenerational fairness. It is measured using a criterion, defined as the recovery. Thanks to a thorough construction, the criterion covers both parametric evolutions and demographic changes, bringing back individual scale in the heart of pension steering. Hence, mortality improvement issue was crucial during the implementation of this new indicator. Easily understandable, the criterion leads to a primordial question in the direction that the French retirement system takes: are the three words, the motto of the system, still relevant today?

Mémoire complet