Mémoire d'actuariat

Attractivité du nouveau produit Eurocroissance dans un contexte de taux bas
Auteur(s) RAGNEAU M.
Société GALEA & Associés
Année 2020

Résumé
Alors que l’Eurocroissance introduit par le rapport Berger-Lefebvre en avril 2014, qui offre une garantie en capital à l’échéance uniquement, promettait de devenir le troisième pilier de l’assurance vie après les fonds en euros et les unités de compte, il n’a pas rencontré le succès escompté. Il se distingue des fonds en euros par sa capacité d’investissement en actifs risqués plus importante pour l’assureur grâce à la suppression de la contrainte de garantie à tout moment. La provision de diversification, constituée au-delà de la provision mathématique comme moteur de l’Eurocroissance, s’est vue privée de la dynamique de croissance du fait du très bas niveau des taux d’intérêt. En effet, les taux bas viennent mécaniquement gonfler la provision mathématique au détriment de la provision de diversification. La loi Pacte de mai 2019 réforme profondément le produit en faisant disparaître la provision mathématique. Les assureurs bénéficient ainsi d’un moteur de rendement plus adapté. La problématique de ce mémoire s’axe autour de l’attractivité de ce nouveau produit, qui semble constituer une réponse pertinente à l’environnement de taux bas actuel. Ce mémoire propose ainsi d’étudier l’attractivité du nouveau produit Eurocroissance selon différentes caractéristiques techniques du produit et politiques de l’assureur tant à l’actif qu’au passif. Pour cela, nous définissons des critères d’intérêt pour les acteurs et analysons divers scénarios et sensibilités. Dans le cadre de notre modélisation, nous avons prouvé la capacité du produit à répondre aux besoins de l’assureur qui le commercialise et des assurés qui en bénéficient. Pour que le produit reste rentable et acceptable d’un point de vue risque, il se doit toutefois d’être défini comme un investissement à long terme. Mots clés : Assurance vie, Eurocroissance, loi Pacte, taux bas, attractivité, rendement, risque, actifs financiers, passif, projections.

Abstract
Introduced by the Berger-Lefebvre report, the "Eurocroissance" product guarantees a part of the prime at maturity only. Even though it was supposed to become the third pillar of life insurance with the Euro funds and "Units of account", it has not been successful. It distinguishes itself from the Euro funds by a higher investment capacity in risky assets due to the suppression of the guarantee at all times. The economic context has deprived the diversification provision, which is constituted beyond the mathematical provision as the growth generator of the Eurocroissance, of its dynamic. Indeed, downfall of interest rates mechanically increases the mathematical provision at the expense of the diversification provision. The Pacte law reforms deeply the product and suppresses the mathematical provision. Thus, insurers benefit from a greater yield generator. Our problematic is centered around the attractiveness of this new product, which appears as a relevant response to the current low interest rates environment. Therefore, this dissertation offers to study the new product’s attractiveness through diverse technical characteristics of the product and both asset and liabilities politics. We defined criteria of interest for the actors and analyzed diverse scenarios and sensibilities. By our modeling, we proved its ability to fit both the insurer and the insured’s needs. For the product to be profitable and secure, it still has to be defined as a long-term investment. Key words : Life insurance, Euro Growth, Pacte law, low rates, attractiveness, yield, risk, financial assets, liabilities, projections

Mémoire complet