Mémoire d'actuariat

Appétence au risque : Quel cadre de prise de risque pour quelle stratégie ?
Auteur(s) GHARBI Cyrine
Société ACTUELIA
Année 2018

Résumé
Depuis le 1er janvier 2016, les organismes d'assurance sont soumis à la Directive Européenne : Solvabilité 2. Afin d'être conforme à cette nouvelle règlementation, les organismes ont dû mettre en place de nouvelles structures organisationnelles et instaurer un système de gouvernance des risques adapté aux exigences de la Directive. Si l'année 2017 permet de rendre compte des premiers résultats, elle permet également de souligner les questions sur lesquelles les organismes se prononcent peu. La notion d'appétence au risque apparait ainsi très peu détaillée dans les rapports à destination du public diffusés en mai dernier. Dans sa communication sur ses attentes en termes d'appétit au risque, l'ACPR rappelle qu'elle attend des organes de supervision de gestion, ou de contrôle des organismes qu'ils définissent eux-mêmes leur appétence. En effet, si cette notion peut se définir de manière générale comme le niveau et le type de risque global qu'une compagnie est prête à assumer pour ses expositions et activités étant donné ses objectifs, c'est à chaque organisme de décider de ses indicateurs. Une fois cette appétence globale déterminée, elle doit être déclinée au sein de la compagnie et cela à plusieurs niveaux afin de permettre aux différentes parties prenantes de connaître le périmètre dans lequel elles sont autorisées à agir. A ce jour, peu d'acteur ont réussi à objectiver quantitativement une appétence au risque et sa déclinaison. Et pourtant, ce sujet est au coeur des processus de décisions stratégiques d'un organisme et du modèle d'allocation du capital. Le premier enjeu de ce mémoire a donc été de proposer une formulation de l'appétence au risque globale et d'en faire un outil d'aide à la décision. Pour cela, une métrique a été choisie. La métrique utilisée est la Value at Risk à 10% du résultat à horizon 1 an du fait qu'elle renvoie à un risque décennal plus parlant. Une fois ce montant global d'appétence déterminé, le second enjeu du mémoire s'est dessiné. Comment décliner ce montant entre les différents risques ? Pour cela, des méthodes d'allocation sont proposées afin de répondre à certains objectifs tels qu'une recherche de résultat financier, un volume d'affaires cible, etc.

Abstract
Since the 1st of January 2016, insurance companies have been subject to the European Directive: Solvency 2. In order to comply with this new regulation, insurance organizations have had to set up new organizational structures and establish a system of risk governance adapted to the requirements of the Directive. While the year 2017 allows the report of the first results, it also highlights issues on which organizations have not much communicated. The notion of risk appetite thus does not always appear in the reports sent to the public in May. In its communication on its expectations in terms of risk appetite, the ACPR recalls that it expects the administrative, management and supervisory body to define its own risk appetite. Indeed, while this notion can generally be defined as the level and type of overall risk that a company is willing to assume for its exhibitions and activities given its objectives, it is up to each organization to decide on its indicators. Once this global risk appetite has been determined, it must be allocated within the company at several levels in order to allow the various stakeholders to know the perimeter in which they are authorized to act. Nowadays, few players have succeeded in quantitatively objectifying risk appetite and its allocation. Yet this is at the heart of an organization's strategic decision-making processes and the capital allocation model. The first challenge of this study is then to propose a formulation of risk appetite and to make it a decision-making tool. For this, a metric was chosen. The metric used is Value at Risk at 10% of the income over 1 year as it refers to a 10-year risk. We decided to position ourselves on a 10-year risk or with a probability of one chance in ten because a board of directors admits a life span of about ten years and this scale is therefore more meaningful. Once this overall amount of risk appetite has been determined, the second challenge of the study is to allocate it between the various risks. For this purpose, allocation methods have been implemented in order to meet certain objectives, such as profit, target volume of business, etc.

Mémoire complet