Mémoire d'actuariat

Impact des catastrophes naturelles sur les taux de change : quelels conséquences pour les couvertures de réassurance non-vie ?
Auteur(s) TCHANGAI François
Société GIE AXA
Année 2017

Résumé
Le marché de l'assurance s'étend de plus en plus aux pays émergents. Ces pays étant souvent susceptibles d'être touchés par des catastrophes naturelles, l'exposition des assureurs croît significativement. Afin de pouvoir faire face à ces risques, les assureurs ont recours à des mécanismes de réassurance limitant les pertes engendrées. Lorsqu'une compagnie d'assurance se réassure dans une autre monnaie, il en résulte un risque dû à l'inadéquation entre la devise des récupérations de réassurance et la devise d'indemnisation des assurées. Ce risque pourrait s'aggraver si les catastrophes naturelles, évènements déclencheurs des récupérations de réassurance, impactaient les cours des monnaies. L'objectif de ce mémoire est de mettre en évidence ce risque de base, le comprendre, et en proposer une quantification. On montre que si l'impact de certaines catastrophes naturelle est très marqué, il est difficile de mettre en évidence statistiquement une tendance générale. En effet, selon les cas, on peut observer des dépréciations ou des appréciations de la monnaie ou parfois même aucun effet direct. Les catastrophes les plus sévères pourraient toutefois entraîner des variations de volatilité. C'est sur ce constat que repose la modélisation. En supposant que les sévérités des catastrophes les plus intenses sont corrélées aux variations de volatilité, on propose un modèle de taux de change sur lequel on applique un choc afin de quantifier l'effet d'une catastrophe naturelle sur le cours d'une devise. Malgré le fait que la volatilité naturelle des monnaies entraîne déjà potentiellement des pertes de change importantes, les résultats de notre modèle montrent que les catastrophes n'amplifient que légèrement le risque de change. Ces pertes de change dépendent fortement de la manière dont les clauses de réassurance on été définies, et de la cadence de paiement des récupérations de réassurance. Une discussion sur les possibilités de couverture de ce risque de change pour un assureur non-vie permet de montrer que les instruments financiers classiques semblent mal adaptés, mais que la mise en place de certaines clauses de réassurance permettrait de limiter la perte de change.

Abstract
As the insurance market increasingly spreads to emerging countries that may often be more likely to be affected by natural disasters, the exposure of insurers is growing significantly. In order to handle these risks, insurers rely on loss-limiting reinsurance mechanisms. When an insurance company is reinsured in another currency, the company supports a basis risk coming from the mismatch between the currency of claims paid to its clients and the currency of the recoveries received from the reinsurer. This risk could be even more significant in the context of natural disasters should the said events have an impact on the exchange rate. The main goal of this actuarial thesis is to bring this risk to light as well as understanding and quantifying it. We will show that even though the impact of some natural catastrophe can be clearly detected, it is complicated to statically highlight a general tendency. All kinds of scenarios, be it effectlessness, depreciation or appreciation can occur, but the most severe disasters could lead to changes in volatility. This observation is what the model is based on. Assuming that the severity of the most intense disasters is correlated to volatility changes, we suggest a model for exchange rate on which a shock is applied in order to quantify ehe effect of a natural disaster on a currency. Despite the fact that the natural volatility of currencies could already lead to significant losses, the results of the model show that disasters only slightly increase the foreign exchange risk. These exchange rate losses depend heavily on reinsurance clauses that have been defind, and on the timing of claims and of reinsurance recoveries. A discussion on the possiblities for monitoring this basis risk for a non-life insurer shows that the conventional financial tools seem inappropriate.

Mémoire complet