Mémoire d'actuariat

Mise en place d'une solution de réassurance finite pour un portefeuille de prévoyance et santé : la monétisation de la Valeur In Force
Auteur(s) COURT Thomas
Société Actuaris
Année 2019

Résumé
La réassurance est une technique d'atténuation des risques fréquemment utilisée par les assureurs. On observe traditionnellement qu'elle s'effectue au moyen de traités en quote-part ou de traités en excédent de sinistres. Ce sont deux façons différentes de céder le risque. La première correspond à un traité dit proportionnel, c'est-à-dire que le réassureur partage un pourcentage équivalent des primes et des sinistres du portefeuille de la cédante. A l'inverse, le traité en excédent de sinistres est un traité dit non proportionnel car il permet de se couvrir contre les risques ayant une forte queue de distribution. Aujourd'hui, les sociétés d'assurance cherchent des solutions innovantes afin d'optimiser leur gestion du capital et afin d'améliorer leur ratio de couverture. Prenons l'exemple d'une société qui présente un ratio de couverture qu'elle juge insuffisant. Cette société peut donc chercher à appliquer des solutions à son portefeuille pour améliorer sa couverture. C'est ici quel a réassurance prend sens puisqu'elle peut être un levier efficace pour augmenter les ratios de couverture. Par ailleurs, la réassurance est d'autant plus une solution de pilotage de capital qu'elle est bien mieux prise en considération avec la mise en place récente de Solvabilité II. La directive Solvabilité II a en effet bouleversé le secteur de l'assurance et de la réassurance de par ses nouveaux principes imposés aux assureurs européens. En particulier, les organismes assureurs se doivent de respecter les exigences en capital imposées par Solvabilité II (SCR, MCR, etc.), ainsi que le nouveau cadre prudentiel : les provisions sont dorénavant calculées en Best Estimate, les actifs en valeur de marché et on remarque l'apparition de la marge pour risque au passif du bilan. En général, les solutions de réassurance traditionnelles impactent le ratio de couverture car elles permettent de diminuer le SCR de souscription au dépend d'une variation inverse mais plus faible du SCR de défaut de contrepartie. En effet, en se réassurant, l'assureur cède une partie du risque de son portefeuille et donc son SCR de souscription diminue. D'un autre côté, l'assureur s'expose au risque de faillite du réassureur qui ne pourrait alors pas tenir ses engagements, d'où l'augmentation du SCR de défaut de contrepartie. Dans ce mémoire, nous étudions en particulier une solution non traditionnelle de réassurance : la réassurance par monétisation de la Valeur In Force (VIF). Cette forme de réassurance appartient à la réassurance dite finite ou financière. Nous verrons en effet que cette solution peut s'apparenter à un moyen de financement pour la cédante, la réassurance par monétisation de VIF ayant un impact important sur les fonds propres.

Abstract
Frequently used by insurers, reinsurance is a risk mitigation technique. We can observe that reinsurance is traditionally performed with Quota-Share treaty is a proportional treaty, meaning that the risk transfer is made proportionally: the reinsurer shares an equal percentage of the claims and the premiums from the cedent's portfolio. Conversely, an Excess-of-Loss treaty is a non-proportional contract as it allows the insurer to cover its heavy taild distribution risks. Nowadays, insurance companies are looking for innovative solutions in order to optimize their capital management and to improve their covered ratio. For instance, think of a company having an insufficient covered ratio. Thereby, this company needs solutions to improve its covered ratio. As you can guess, reinsurance is one of these solutions: it is an effective leverage for a company that need to enhance its risk cover. On top of that, reinsurance is event more worthly since the recent implementation of Solvency II as it is better taken into account compared to the old referential Solvency I. The Solvency II directive has upset the insurance and reinsurance sector because of the new principles imposed to European insurers. In particular, insurance companies have to comply with the new capital standards of the directive (SCR, MSR, ...) and also with the new prudential framework: provisions are now calculated in a best estimated in market value and we can notice the emergence of the risk margin in the balance sheet liabilities. Usually, traditional reinsurance solutions have an impact on the covered ratio because they devrease the underwriting SCR at the expense of the counterparty default SCR which evolves in a reverse but reduced direction. Indeed, by using reinsurance, the insurer transfers some risks to the reinsurer and therefore the underwriting SCR decreases. On the other hand, if the reinsurer goes bankruptcy it may not be able to fulfil its commitments. Thus, the insurer is facing the counterparty default risk resulting in the increase of the counterparty default SCR. In that brief, we will study one particular non-traditional reinsurance solution called VIF monetization. It is in fact a financial solution: the aim is to improve the covered ratio of an insurer when it is judged inadequate of insufficient but it is also a way of financing itself if our insurer wants to launch a new product for instance. This kind of reinsurance is called "finite reinsurance". In opposition with the traditional reinsurance treaties, our non-traditional solution will have a very reduced impact on the global SCR. However, it will make a big difference on the insurers own funds. In this way, this solution permitts to increase the covered ratio. In this brief, we will model this solution and analyse its impacts in particular on the new Solvency II standards. The VIF monetization operation will be explained in a more specific way in the following.

Mémoire complet