Liste des articles
Vue 129 fois
03 juin 2014

L’euro-croissance va-t-il évincer les autres dispositifs ?

Rebond

L’euro-croissance va-t-il évincer les autres dispositifs ?

« Si l’on introduit une nouvelle espèce dans un écosystème, la donne évolue forcément. L’euro-croissance me semble être un produit très sain et bien adapté aux nouvelles normes prudentielles », souligne Valéry Jost, de l’Agipi. Ce produit partant de la volonté de protéger l’épargnant avec une garantie sur huit ans et d’optimiser l’investissement productif, tout le monde – assureur et assuré – semble gagnant. Est-ce que cela signifie que les autres dispositifs, dans une logique darwinienne, seront progressivement amenés à disparaître ? Pour Meyer Azogui de Cyrus Conseil, c’est plutôt la remontée des taux obligataires qui pourrait sonner le glas des fonds en euros : « Jusqu’à présent les fonds en euros ont démontré leur robustesse mais dans un contexte financier favorable depuis plus de vingt ans. Qu’en sera-t-il en cas de hausse importante et brutale des taux ? L’épargne pourrait alors être bloquée au moins temporairement. » Par ailleurs, il n’est pas certain selon lui que le client souhaite bloquer son épargne pour un rendement qui sera finalement assez faible, « puisque la surperformance par rapport à un fonds en euros classique sera a priori de l’ordre de 0,6 % à 0,7 % seulement par an sur huit ans ». Ce qui est néanmoins certains à ses yeux, c’est que le fonds en euros, à terme, ne protégera plus le capital des clients, d’où l’intérêt de les accompagner vers d’autres solutions de diversification. « Il faut veiller au positionnement de ce produit dans la gamme proposée par les assureurs : le risque serait que l’euro-croissance ne se substitue pas à une part de la production en euros, mais cannibalise une part de la production en unités de compte », concède pour sa part Tristan Palerm, du cabinet Optimind Winter. Selon lui, il y aura sans doute des évolutions, mais sur le long terme seulement, car la montée en charge devrait être très progressive : « Même le Perp n’a pas été une révolution en termes de montants. »

Articles liés