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15 septembre 2015

Trois décorations pour l'Institut des actuaires

Les actuaires à l'honneur

L’Institut des actuaires, ses salariés et ses bénévoles furent ces derniers mois à l’honneur. Reconnaissance d’une action qui s’inscrit dans la durée.

 

Au cours du premier semestre 2015, l’actuariat et l’Institut des actuaires ont été particulièrement mis à l’honneur : trois personnalités de l’Institut – Éliane Rouland, Florence Picard et Thomas Béhar – ont été décorés de l’insigne de chevalier de l’ordre national du Mérite, au cours de cérémonies réunissant représentants de la profession, de la Place, des autorités de contrôle, famille et amis.

Éliane Rouland, qui a été pendant vingt-six ans l’assistante du président et du délégué général, a ouvert le bal en début d’année (lire l’actuariel 16). Ce fut ensuite le tour de Florence Picard, présidente de la commission scientifique et du jury de l’Institut des actuaires (lire l’actuariel 17).

Enfin, le 27 mai 2015, Thomas Béhar, président et membre agrégé de l’Institut des actuaires, directeur technique et membre du comité exécutif du Groupe CNP Assurances, a reçu des mains d’Antoine Lissowski, directeur général adjoint de CNP Assurances, les insignes de chevalier de l’ordre du Mérite, en présence de Jean-Paul Faugère et Frédéric Lavenir, respectivement président et directeur général de CNP Assurances, de Marie-Thérèse Lance, présidente d’honneur de l’Institut des actuaires, de Jean-Marie-Levaux, vice-président de l’ACPR, de Sandrine Lemery, première secrétaire générale adjointe, et de nombreuses personnalités de la place, actuaires, dirigeants d’entités d’assurance des différentes familles professionnelles et collègues de CNP Assurances.

Le mérite des individus

Ces distinctions sont « un honneur, mais également un honneur pour l’entreprise ou pour l’organisme. C’est la reconnaissance d’une action au service de l’intérêt général », souligne Marie-Thérèse Lance, elle-même officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite. « L’Institut a obtenu une utilité collective telle que certaines des personnes qui y ont contribué se voient honorées par la République », ajoute Thomas Béhar. En effet, l’Institut des actuaires s’inscrit désormais comme « un acteur de Place neutre qui travaille pour les règles du bien commun, de l’utilité publique, afin d’essayer d’organiser la profession actuarielle : réunions de Place, formation initiale, formation continue, règles de déontologie, standards professionnels, publications, etc. » C’est le fruit d’un travail commun, des bénévoles et des permanents, regroupés dans de très nombreuses commissions et groupes de travail. Il est essentiel à « la gestion des risques du système prudentiel de la finance et de l’assurance. D’ailleurs, lorsque le FMI vient enquêter sur le niveau de la sécurité financière en France, il regarde notamment l’organisation professionnelle et le rôle des actuaires, parce que nous contribuons dans tous les pays à la stabilité financière », poursuit-il. À cela s’ajoute le rayonnement des actuaires français à l’international, fruit d’un engagement collectif continu, dans la voie ouverte notamment par Max Lacroix, l’un des fondateurs de l’Association actuarielle européenne ou Jean Berthon, ancien président de l’Association actuarielle internationale.

La poursuite d’un objectif commun

Cette vision du rôle de l’Institut des actuaires, Marie-Thérèse Lance l’a pleinement partagée dès le début des années 2000, avec notamment François Delavenne et les regrettés Michel Laparra et Pierre Laversanne, lors de la fusion de la Fédération française des actuaires, de l’Institut des actuaires français et des autres associations françaises d’actuaires, qui a donné naissance à l’Institut des actuaires. François Delavenne en sera le premier président, et Marie-Thérèse Lance lui succèdera un peu plus tard. Depuis lors, selon les mots de Thomas Béhar, elle est « une vigie assidue du devenir de l’Institut, notamment en tant que présidente du CEA de 2009 à 2012, puis première présidente du Haut conseil de 2012 à 2015 ». L’assemblée générale de juin 2015, en préambule du congrès, a d’ailleurs logiquement nommé Marie-Thérèse Lance président d’honneur de l’Institut des actuaires. « C’est un grand honneur… qui voit l’entrée d’une femme dans la galerie des grands hommes [aux côtés de Jean Berthon et Claude Bébéar, également présidents d’honneur, NDLR] », a-t-elle noté à cette occasion avec l’humour pertinent qui la caractérise.

Acteurs des transformations

Ces distinctions viennent aussi saluer le travail de fond mené par l’Institut sur les transformations économiques, financières et technologiques. « Par exemple, la gestion des risques ou les data sciences, cite Marie-Thérèse Lance. On adapte les formations, on consolide, on développe. On doit beaucoup à Régis de Laroullière et aux membres du conseil d’administration. Avec une telle transformation continue, les actuaires restent dans la course et dans le peloton. »

Les transformations, et notamment celles induites par le digital, étaient d’ailleurs au menu du congrès annuel. Avec un nombre record de participants cette année et des débats d’une grande tenue (lire p. 46), il a constitué une belle reconnaissance du travail mené tout au long de l’année par l’Institut et l’ensemble de ses équipes. Reconnaissance à laquelle Thomas Béhar tient à associer, pour leurs très fortes contributions, Christophe Eberlé et Arnaud Cohen, vice-présidents successifs de l’Institut.                 Chloé Coursaget

 

Portraits croisés

 

Portraits croisés de Thomas Béhar et de Marie-Thérèse Lance, respectivement président et président d’honneur de l’Institut des actuaires. Genèse de valeurs partagées
et d’une même ambition pour l’association, au service de l’intérêt général.

 

Les racines familiales

M-T.L. : Un grand-père assureur et président de l’Institut des actuaires français, un père assureur, l’ambition d’une mère…

T.B. : Toute une famille attachée au service public, sur trois générations, des parents professeurs, notamment de physique et mathématiques.

L’anecdote

M-T.L. : « À mes débuts, à La Nationale, on travaillait avec une règle à calcul… Je me souviens avoir chiffré le contrat prévoyance des moniteurs de ski. »

T.B. : « Lorsque j’ai accompagné Alain Tosetti en 2000 et en 2002 pour donner des cours d’actuariat à Shanghai, j’ai été vraiment surpris par la force du système américain d’actuariat auquel les actuaires chinois se préparaient. Je m’étais dit pourquoi pas nous. Il faut que l’on soit plus fort et plus uni en France et en Europe, car on a toutes les compétences pour réussir. »


L’importance des rencontres

M-T.L. : « Quand on a la chance de côtoyer des hommes et des femmes éminents et  intelligents, on progresse », souligne Marie-Thérèse Lance, avant de citer notamment Arnaud Clément-Grandcourt (actuaire agrégé IA, directeur de Diamant Bleu LFP Croissance et Résilience), Jean Berthon (actuaire agrégé IA, Président de la Faider), Jean-Marie Levaux, (actuaire qualifié IA, ancien vice-président de l’ACPR), qu’elle côtoie lors de sa formation au CEA.

T.B. : À ses débuts, des rencontres furent déterminantes : Marie-Thérèse Lance, Jean Berthon et Michel Piermay lui ont donné le virus du mouvement actuariel ; feu Alain Tosetti lui a ouvert les portes de l’enseignement ; et Jean-Pierre Ménanteau (directeur général d’Humanis) lui a mis le pied à l’étrier à la Caisse des Dépôts.

 

Leur carrière, en bref

M-T.L. : Formation à l’Institut de statistiques de l’université de Paris, CEA (promotion 1971, la première).

Une carrière sous le signe de la protection sociale complémentaire : 

• GAN pendant 25 ans, au sein des Assurances Collectives, puis détachée au Groupe Paradis qui gérait les institutions de retraite Anep, Irnis, Iricase (directeur général), et retour au Gan pendant deux ans pour prendre la direction Recherche et développement ;

• Agirc pendant 17 ans, directeur technique, directeur délégué, directeur général et co-directeur général du GIE Agirc-Arrco de 2000 à juillet 2005, date de départ en retraite.

Et depuis 2006, elle n’a cessé de relever de nouveaux défis :

• en tant qu’administrateur de la Fondation PROBTP, jusqu’à fin 2013 ;

• de 2007 à 2010, elle était PDG de la compagnie d’assurance-vie Auria ;

• de 2009 à fin 2014, expert indépendant auprès de l’association sommitale du groupe PROBTP et membre du Comité d’Audit ;

• depuis 2009, administrateur de Swiss Life France et président du Comité d’audit et des risques.

T.B. : Formation à Polytechnique (promotion 1990) et l’Ensae (1995), mémoire d’actuariat sur l’économétrie des contrats d’assurance automobile, récompensé par le prix Risques de la FFSA.

 

Un parcours dans le secteur public :

• Commissaire-contrôleur des assurances de 1996 à 1999 ;

• Caisse des Dépôts de 1999 à 2002, en tant que responsable du suivi stratégique assurance et retraite ;

• Depuis 2002, CNP Assurances, d’abord comme chargé de mission au poste de directeur des partenariats puis directeur du contrôle de gestion, directeur de la comptabilité France et désormais directeur technique du groupe, membre du Comex.

 

Leur engagement pour le mouvement actuariel

M-T.L. : Président de l’Institut des actuaires français dans la période précédant l’unification du mouvement actuariel, œuvrant à la naissance, le 27 novembre 2001, d’un organisme professionnel unique : l’Institut des actuaires. Président de l’Institut des actuaires jusqu’en 2002, puis président du CEA (Centre d’études actuarielles, de 2009 à 2012), elle participe à l’alignement de sa gouvernance sur celle de l’Institut des actuaires. En 2012, elle est nommée président du Haut conseil de l’Institut des actuaires, nouvellement créé.

T.B. : Actuel président, dans un huitième mandat annuel, de l’Institut des actuaires, il est également président du comité scientifique de l’association actuarielle internationale (AAI). Il s’y engage et y participe très activement.

Il a notamment été négociateur et signataire du traité fondateur CERA (Chartered Entreprise Risk Analyst), il représente l’IA aux commissions de travail sur les normes internationales, il intervient sur les data-sciences, etc. Il a également été membre du comité consultatif assurance et réassurance (IRSG en anglais) de l’European insurance and occupational pensions authority (EIOPA).

Il œuvre ou a œuvré (la liste n’est pas exhaustive) à l’Association actuarielle européenne, à l’Institut du risk management, au Centre d’études actuarielles, à l’Isfa, à l’Isup, à la Fondation du risque…

Ils ont à cœur

M-T.L. : La place des actuaires, notamment les femmes, dans l’entreprise, en général, et l’opportunité de leur nomination dans les conseils d’administration et les comités d’audit et des risques des grandes sociétés, où leur compétence en matière de risques est un un atout.

T.B. : La formation, il enseigne d’ailleurs au Centre d'études actuarielles, à l'Isup (Paris VI), à l’Ensae et à Paris Dauphine, et est l’un des rédacteurs de l’ouvrage de référence en Actuariat sous l’autorité d’Alain Tosetti.