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19 mars 2018

Hong Kong aux portes de la Chine…

Encadré

Devenir une actrice de l’ère du « smart banking », tel est bien l’objectif de Hong Kong. L’ex-colonie britannique désire s’imposer sur la scène fintech en misant sur son statut de place financière internationale et sa proximité avec la Chine.

Hong Kong n’a pas attendu longtemps pour miser sur les fintechs. Elle a développé une politique offensive à partir de 2016. « Un fonds de 2 milliards de dollars hongkongais a été mis en place pour co-investir avec les fonds de capital-risque dans les start-up. Des subventions sont également attribuées aux PME pour les aider à investir dans la technologie. Ces initiatives ont un fort impact à Hong Kong, où les services financiers représentent une part importante du PIB (18 %). Le gouvernement a en outre ouvert le Cyberport, un lieu consacré aux entreprises du numérique, dont 3 000 m2 sont dédiés aux start-up fintech », détaille Charles d’Haussy, responsable du département fintech d’Invest Hong Kong, l’agence gouvernementale chargée de promouvoir l’écosystème fintech.

Une très nette orientation vers le B to B

Contrairement à leurs homologues chinoises, les fintechs hongkongaises se concentrent sur le marché B to B. « Les dernières statistiques publiées en 2016 dans la presse évoquaient entre 150 et 200 fintechs à Hong Kong. Elles sont spécialisées dans les questions de cybersecurité appliquées au monde financier, la blockchain, l’assurance, les technologies réglementaires (regtech) mais aussi de marchés et d’investissements (wealthtech) », constate Charles d’Haussy. Les investissements dans les fintechs hongkongaises ont atteint 545,7 millions de dollars en 2017. En 2016, ils se chiffraient à 215,5 millions de dollars selon une étude d’Accenture sur l’investissement mondial en capital risque des fintechs (février 2018). Des fintechs importantes sont déjà apparues comme WeLab (prêt via mobile) ou Futu (plateforme de courtage en ligne). Pour attirer les fintechs, Hong Kong joue sur sa proximité avec le marché chinois. « Hong Kong est le centre financier international de la Chine. Si une fintech a des ambitions en Chine, Hong Kong est une étape indispensable et structurante. Lancer sa société à Hong Kong, c’est lancer sa société en Chine », assure Charles d’Haussy.

Renforcer les liens entre acteurs et régulateurs

Autre volet de la stratégie hongkongaise : développer les relations entre les acteurs du secteur et les régulateurs. Ainsi, en 2016, l’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) a fondé le Fintech Facilitation Office (FFO), une interface dédiée. « Outre le renforcement des capacités de cybersécurité des banques, nous menons des recherches sur les applications des fintechs dans de nombreux domaines : les technologies de bases de données distribuées (DLT), la cybersécurité, les interfaces de programmation applicative (API). Nous construisons une équipe de talents fintechs en partenariat avec les universités locales et les banques », indique Nelson Chow, responsable du pôle fintech de la HKMA. Pour favoriser les technologies innovantes dans ce domaine, une Fintech Supervisory Sandbox (FSS) est née. « Fin janvier, vingt-neuf produits avaient été testés. Dix-sept d’entre eux ont été déployés, ils concernent l’authentification biométrique, les soft token, les DLT, l’ouverture de compte à distance, les chatbots et les API », décrit Nelson Chow. Prochainement, la FSS et l’Autorité des assurances seront reliées pour faciliter la création de produits intersectoriels.

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